LE QUID

Mercredi 5 septembre 2007. Une « une » consacrée à l’organisation de la Coupe du monde de rugby en France, dont le coup d’envoi sera donné lors du match France-Argentine, deux jours plus tard ; un dossier sur Raymond Barre qui est décédé le 25 août ou sur Elvis Priestley, disparu il y a trente ans. Rien de bien surprenant au premier abord, ces sujets sont traités sur la plupart des sites Internet des médias français. Sauf que le site en question n’est pas celui du Monde ou de Libération, mais du Quid.

Le Quid fait partie, au même titre que le dictionnaire Robert ou Larousse, des indispensables instruments de la connaissance que l’on retrouve à coup sûr dans la bibliothèque familiale. Quoi que l’on recherche, le Quid est susceptible de nous renseigner. « Tout sur tout, tout de suite », tel est sa devise. Sauf que, depuis, l’Internet est passé par là et que Google pourrait aujourd’hui parfaitement faire sien le slogan de l’ouvrage de Dominique et Michèle Frémy. Il y a tout juste dix ans, le Quid a donc fait son apparition sur la Toile. Encyclopédie en ligne qui reprend les informations contenues dans la version papier, le site se tourne désormais vers l’actualité, en publiant chaque jour, depuis le mois de décembre, un ou plusieurs dossiers sur les faits ou les personnages qui écrivent l’histoire, maintenant.

Inutile de rechercher de longues phrases ou des adjectifs qui décrivent et commentent, les Quidzooms se contentent d’un résumé synthétique sur le sujet traité. Suit une quantité impressionnante de chiffres, de statistiques qui permettent d’éclairer la problématique. Les origines de la Coupe du monde de rugby sont retracées, les organisateurs et vainqueurs des éditions précédentes listés, l’organisation française détaillée. L’actualité, version Quid.fr, ce sont des faits et seulement des faits, vérifiables et vérifiés. Pas de commentaires, ni de polémique mais la neutralité du point de vue, tel est le vœu de Fabrice Frémy, le fondateur du site www.quid.fr et fils de Dominique et Michèle Frémy. Il ambitionne de mettre en ligne à terme une trentaine de dossiers d’actualité par jour. Pour l’instant, la rédaction compte dix personnes mais le site s’appuie aussi sur le réseau de correspondants – ils sont entre 10 et 15000 bénévoles à travers le monde – pour enrichir son contenu.

Dans les années 2000, le site enregistrait quelques milliers de visites mensuelles. Aujourd’hui, ce sont entre 700 000 et 1,5 million d’internautes qui consultent les informations de l’encyclopédie ou de l’actualité. Pour augmenter ce chiffre et le trafic, le site va proposer avant la fin de l’année l’ouverture de zones de contribution gratuites, sur le modèle très en vogue de Wikipédia. Le Quid bénéficiera de nouveaux apports d’information et l’internaute de la satisfaction de faire partager ses connaissances et de la possibilité d’intégrer dans sa zone des liens vers des publications ou des sites personnels. S’il est accepté au sein de la communauté du Quid – il devra envoyer un CV -, il recevra un mot de passe et pourra ouvrir sa zone de contribution à ceux dont il accepte la collaboration. Elles seront donc moins libres et moins ouvertes, pour éviter les modifications intempestives, objet de la polémique actuelle à propos de Wikipedia – des entreprises, institutions ou des personnes suppriment de leur fiche les éléments négatifs, comme les condamnations judiciaires, par exemple, ce qui nuit à la fiabilité et à l’exhaustivité de l’information de la célèbre encyclopédie en ligne.

Anne-Sophie España